Topic-icon Traitements adjuvants pour le mélanome de stade III, une révolution

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il y a 7 mois 2 semaines #354 par admin

Novembre 2017 - Le mélanome de stade III, c'est-à-dire qui s’accompagne de métastases ganglionnaires, expose au risque de récidive avec d’autres métastases et est de mauvais pronostic. Pour de tels patients, il est proposé de recourir à des immunothérapies telles que l’interféron à hautes doses voire à l’ipilimumab. Cependant leur efficacité est marginale et leurs effets secondaires sont importants de sorte que ces malades ne sont souvent l’objet que d’une "simple" surveillance.


Novembre 2017 - Le mélanome de stade III, c'est-à-dire qui s’accompagne de métastases ganglionnaires, expose au risque de récidive avec d’autres métastases et est de mauvais pronostic. Pour de tels patients, il est proposé de recourir à des immunothérapies telles que l’interféron à hautes doses voire à l’ipilimumab. Cependant leur efficacité est marginale et leurs effets secondaires sont importants de sorte que ces malades ne sont souvent l’objet que d’une "simple" surveillance.

 

Les choses pourraient changer avec les résultats de deux études parues dans le New England Journal of Medecine. L’une concerne 870 patients atteints de mélanome de stade III opérés qui ont reçu pendant un an soit du drafanebib et du trametinib (inhibiteurs de mutations présentes dans certains mélanomes) soit des placebos. Le taux de survie à 3 ans est de 86 % dans le groupe traité par les molécules actives contre 77 % dans le groupe sous placebo.  L’autre étude, toujours en cours est menée sur 906 patients avec des mélanomes opérés de stade III pour 80 % d’entre eux et de stade IV (c'est à dire avec des métastases) pour les autres. Ils ont été traités par du nivolumab ou de l’ipilimumab à haute dose pendant un an. A 18 mois le  taux de survie sans récidive de la tumeur est plus élevé parmi les patients traités par nivolumab. 

Ces deux études montrent qu’il est désormais possible d’obtenir une diminution significative du risque de récidive de mélanome avec un traitement « adjuvant ».  Le nivolumab apparaît comme un bien meilleur choix que l’interféron ou l’ipilimumab, sur le plan non seulement de l’efficacité mais aussi de la tolérance. Il peut être utilisé quelle que soit la nature de la tumeur au regard de la présence ou non de mutations. La combinaison dabrafenib/trametinib ne peut être une option que pour les malades porteurs de mélanomes avec mutation BRAF et ces deux molécules exposent à davantage d’effets secondaires.  

La poursuite de ces études permettra de préciser les effets de ces traitements sur le taux de survie global. Mais il faut savoir que d’autres travaux sont en cours, testant d’autres médicaments. La prise en charge du mélanome malin de stade III, bien limitée jusqu’à il y a peu et donc en pleine révolution.

Dr Marie-Line Barbet

Schuchter LM : Adjuvant Melanoma Therapy — Head-Spinning Progress N Engl J Med 2017;377:1888-1890.

Long GV, Hauschild A, Santinami M, et al. Adjuvant dabrafenib plus trametinib in stage III BRAF-mutated melanoma. N Engl J Med 2017; 377:1813-23

Weber J, Mandala M, Del Vecchio M, et al. Adjuvant nivolumab versus ipilimumab in resected stage III or IV melanoma. N Engl J Med 2017; 377:1824-35.

  

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