Actualités scientifiques Mélanome

Peut-être une avancée majeure dans la lutte contre le mélanome grâce à une découverte israélienne

Septembre 2016 – Dans la plupart des cas, le mélanome commence par une tache pigmentée à la surface de la peau ou par la modification d’un grain de beauté. A ce stade les cellules cancéreuses n’occupent que l’épiderme, partie superficielle de la peau, dépourvue de tout vaisseau sanguin. Ce n’est qu’après une phase d’extension superficielle que la tumeur commence à se développer en profondeur : elle rejoint le derme riche en vaisseaux sanguins et lymphatiques avec lesquels les cellules cancéreuses peuvent alors être en contact. Elles ont ainsi la possibilité de se propager à tout l’organisme.


Or le danger du mélanome réside essentiellement dans les métastases. Quand il n’en est qu’au stade superficiel, une simple intervention enlevant la tumeur amène la guérison. C’est bien autre chose quant le mélanome est plus épais et évidemment quand des métastases se sont développées.

Jusqu’à présent on s’interrogeait sur les mécanismes par lesquels les cellules du mélanome « voyageaient » depuis l’épiderme sans vaisseau jusqu’au derme et son réseau sanguin développé.

Des chercheurs de l’université de Tel Aviv ont fait à cet égard une découverte importante.

En examinant les prélèvements effectués sur des patients atteints de mélanome débutant, ils ont découvert que les cellules tumorales produisent des micro vésicules contenant des molécules d’ARN (sorte de messager dans les cellules), capables d’induire des modifications morphologiques et fonctionnelles au niveau du derme afin que celui-ci puisse recevoir les cellules cancéreuses et assurer leur transport.

Plus remarquable encore, les chercheurs ont identifié deux substances chimiques  susceptibles d’empêcher la formation de ces vésicules ou de prévenir les modifications au niveau du derme avant même l’arrivée des vésicules ! Ces substances ont peut être un potentiel important pour le traitement du mélanome, un cancer qui, rappelons-le, est situé au 11e rang des cancers les plus fréquents en France et est responsable de plus de 1 500 morts chaque année.

Mais il faudra encore bien des années avant que ces molécules, testées in vitro, ne trouvent une application thérapeutique. Pour autant, la découverte des chercheurs de Tel Aviv «nous éclaire sur la manière dont le mélanome communique avec son environnement, et ce à un stade très précoce de son développement», commente le Dr Caroline Robert, chef du service de dermatologie de l’Institut Gustave-Roussy.

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