Actualités scientifiques Mélanome

Un plus grand risque de mélanome pour certaines professions ?

Mai 2021 – La fréquence du mélanome a augmenté régulièrement dans le monde au cours des dernières décennies avec des variations importantes en fonction des pays.  L’exposition aux rayons Ultra-violets (UV) joue un rôle majeur dans la survenue du mélanome : ainsi plus de cinq coups de soleil intenses dans l’enfance double le risque d’avoir un mélanome. Cependant, d’autres facteurs peuvent aussi entrer en jeu tels que la profession. Et il a pu être constaté par le passé que les personnes souvent exposées aux UV dans l’exercice de leur métier ainsi qu’à certaines substances comme les hydrocarbures ont un risque accru de développer un mélanome, notamment au niveau de la tête et du cou. 

Les relations entre métier et risque de mélanome restant cependant assez mal précisées, une étude a été menée à ce sujet dans les pays scandinaves (Finlande, Norvège, Danemark, Suède et Islande) où l’incidence du mélanome cutané a été multiplié par quatre sur les 60 dernières années. Elle a consisté à suivre entre 1961 et 2005 la population âgée de 30 à 64 ans (soit 14,9 millions de personnes) en établissant des liens entre la profession exercée (signalée lors d’un recensement) et la notification dans les registres nationaux recueillant tous les cas de cancers.  

Plus de 80 000 cas de mélanomes malins ont été répertoriés sur la période considérée. En examinant la profession des patients concernés, on observe que, très curieusement, les hommes exerçant un métier à l’extérieur ont eu moins de mélanome que ceux travaillant à l’intérieur. La même tendance était peu ou prou observée pour les femmes. Les personnes travaillant dans les domaines techniques, dans les transports, dans la sécurité (pompiers, policiers), les militaires mais aussi les médecins, les dentistes et autres professionnels de santé, les enseignants, les postiers, les ecclésiastiques étaient confrontés à un plus grand risque d’avoir un mélanome. Dans beaucoup de ces cas, c’est la mise en présence de substances dangereuses (produits de combustion pour les pompiers par exemple, radiations pour les professionnels de santé etc…) ou le manque de protection contre le soleil (expositions intermittentes pour les militaires, les postiers) qui expliqueraient l’excès de risque. 

Cependant, les variations de risque de mélanome apparaissent moins liées à la profession exercée qu’au niveau socio-économique. Celui-ci, lorsqu’il est élevé, permet de nombreuses activités récréationnelles et des villégiatures dans le sud comportant des expositions aux UV intenses et répétées, notamment pendant l’enfance et l’adolescence, période particulièrement dangereuse. Ainsi, les dangers des rayons solaires reçus pendant les loisirs semblent surpasser les risques encourus dans certains métiers. 

Tout ceci souligne encore la nécessité d’une protection attentive lors de toute exposition solaire professionnelle ou non et de mesures de prévention pour les personnes exerçant des métiers à risque.

Dr Marie-Line Barbet 

Alfonso JH  et coll. : Occupation and cutaneous melanoma: a 45-year historical cohort study of 14_9 million people in five Nordic countries. 2021 British Journal of Dermatology Apr;184(4):672-680. DOI 10.1111/bjd.19379

Actualité scientifique, avec le soutien institutionnel de Novartis

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