Actualités scientifiques Autres cancers de la peau Mélanome Parler du mélanome et autres cancers de la peau

Comment l’imagerie UV peut-elle aider la prévention contre le cancer de la peau ?

L’imagerie UV est utilisée par les laboratoires dermatologiques depuis l’ère de la photographie argentique. Cette technique s’employait alors au sein des pôles R&D pour imager les propriétés protectrices des produits dermatologiques et cosmétiques face au rayonnement UV du soleil.

L’avènement de la photographie numérique a permis de faciliter la pratique de l’imagerie UV et de l’enrichir de la vidéo UV, afin de retransmettre en direct l’efficacité des crèmes anti-UV. Mais le potentiel de l’imagerie UV dépasse aujourd’hui le cadre des laboratoires de recherche : à l’heure de l’omnipotence des réseaux sociaux et de l’importance prise par notre image, une telle technique appliquée à des projets touchant le grand public s’avère être un outil impactant de prévention et de sensibilisation aux risques dermatologiques et au cancer de la peau. Comment ? Explications. 

L’imagerie UV suit le parcours du rayonnement UV-A et révèle son impact sur notre environnement et notre corps. Les UV-A représentent 95% du rayonnement UV émis par le soleil et atteignant la Terre, et sont responsables du photovieillissement de la peau. Ce photovieillissement génère des rides et des taches pigmentaires dans les couches profondes de la peau, qui se révèleront avec l’âge et l’amincissement de l’épiderme. 

En définitif, l’impact des UV-A sur la peau s’effectue à retardement : une fois que les taches deviennent visibles, il est trop tard pour les effacer. Il faut donc protéger sa peau au quotidien contre les UV-A pour limiter au maximum le développement du photovieillissement. 

En imageant en direct l’état de la peau au niveau du derme et de l’épiderme, l’imagerie UV rend compte du photovieilissement actuel de la peau, même si celui-ci n’est pas encore visible à l’œil nu. L’impact d’un tel résultat sur la personne photographiée ou filmée est sans appel : puisque celle-ci est concernée directement et personnellement, la prise de conscience des effets du soleil sur sa peau est immédiate. 

Couplée à un discours de sensibilisation et de prévention porté par un professionnel de santé, l’imagerie UV s’avère donc être un outil très puissant pour impacter le grand public sur les pratiques à risque pouvant mener à l’apparition d’un cancer de la peau. Certaines marques l’ont déjà compris, à l’image de Walgreens et de sa campagne annuelle #saveyourskin de dépistage mobile et gratuit du cancer de la peau à travers les Etats-Unis. Organisée conjointement avec la Skin Cancer Foundation, cette campagne s’est ouverte en 2019 par un événement médiatique regroupant journalistes et influenceurs autour d’un atelier shooting UV à New-York. La viralité de cet événement a été immédiate, lui assurant une couverture par le New-York Times. 

En France, cependant, l’imagerie UV voit son utilisation encore trop confidentielle. Hormis la FEBEA, qui a eu recours à un atelier shooting UV lors de la seconde édition des Rencontres du Bien-Être en 2017, l’utilisation de l’imagerie UV débute tout juste dans les études terrains d’instituts de santé public. Mais cette utilisation est encore trop limitée géographiquement pour s’intégrer aux outils de prévention du cancer de la peau de manière efficace.

Plus que jamais, la communication doit passer par l’image, surtout lorsque les risques concernés ne sont pas visibles à l’œil nu. A ce titre, l’imagerie UV détient un potentiel certain en impactant directement le grand public à travers leur image, qui ne demande qu’à être exploité par les principaux acteurs de la dermatologie et de la cosmétique.

Article rédigé et transmis à titre gracieux par l’auteur des photos © Pierre-Louis Ferrer

Ces articles sont susceptibles de vous intéresser

Reculer la prise en charge du mélanome pour cause de Covid-19, ce n’est pas anodin !

Actualités scientifiques Mélanome


Octobre 2021 – La pandémie de Covid-19 a conduit les instances sanitaires à modifier les règles de prise en charge de bon nombre d’autres maladies. Il s’agissait en effet de pouvoir disposer d’un maximum de structures de soins et de personnels de santé et de limiter la fréquentation des établissements hospitaliers par les personnes souffrant […]

Que faire contre les kératoses actiniques ?

Actualités scientifiques Autres cancers de la peau


Octobre 2021  – Les kératoses actiniques (KA), très fréquentes, se présentent sous la forme de plaques de petite taille rugueuses plus ou moins épaisses, brunâtres, parfois rougeâtres. Elles apparaissent sur la peau des zones du corps les plus exposées au soleil : visage, décolleté, haut du dos, mains, jambes…Elles sont en effet la conséquence des expositions répétées […]

Chirurgie des carcinomes basocellulaires : quelle doit être la marge ?

Actualités scientifiques Autres cancers de la peau Non classé


Septembre 2021 – Les cancers de la peau sont les cancers les plus fréquents ; ils se répartissent entre les mélanomes et les cancers non mélanomes. Les carcinomes basocellulaires représentent 80 % de ces derniers. L’exposition aux ultraviolets et en particulier les UVB est considérée comme le facteur de risque le plus important d’apparition du CBC. […]

Je m'abonne à la newsletter