Actualités scientifiques Mélanome

Reculer la prise en charge du mélanome pour cause de Covid-19, ce n’est pas anodin !

Octobre 2021 – La pandémie de Covid-19 a conduit les instances sanitaires à modifier les règles de prise en charge de bon nombre d’autres maladies. Il s’agissait en effet de pouvoir disposer d’un maximum de structures de soins et de personnels de santé et de limiter la fréquentation des établissements hospitaliers par les personnes souffrant d’autres affections dont le traitement n’était pas urgent.

Ainsi pour le mélanome a-t-il été recommandé de pratiquer le plus souvent possible des interventions enlevant immédiatement toute la tumeur (biopsie exérèse) et de reporter jusqu’à trois mois plus tard, lorsqu’elles s’avéraient nécessaires au vu des résultats de l’analyse de la tumeur, la « reprise » chirurgicale (intervention plus large pour limiter les risques de récidive) ainsi que la biopsie du ganglion sentinelle. Cette proposition se basait sur le fait que la plupart des études montraient qu’un délai de 90 jours pour le traitement ne semble pas avoir de conséquences négatives. Mais est-ce réellement le cas ?  

Une équipe de dermatologistes s’est à nouveau penchée sur les publications relatives à l’influence du délai entre diagnostic et chirurgie sur le pronostic du mélanome. La majorité des travaux consultés montrent en effet qu’attendre 3 mois n’a pas d’impact délétère sur la survie des patients. Mais une étude qui a concerné un grand nombre de patients suivis pendant trois ans aboutit à des résultats différents : ceux-ci révèlent qu’en cas de mélanome de stade 1 (faible épaisseur, pas de métastases), plus le temps passe entre l’exérèse initiale et l’intervention chirurgicale de reprise moins longue est la survie des patients.

Ces constatations laissent craindre que les modifications des règles de prise en charge pour le mélanome aient été faites sans preuves solides sous la menace de la Covid-19. Et qu’en tout état de cause, il est préférable d’en revenir aux modalités habituelles. Rappelons que le mélanome menace surtout les personnes de plus de 65 ans qui souffrent de comorbidités…celles-là même qui sont à risque de formes graves de Covid-19.  

Dr Marie-Line Barbet

Guhan S et coll. : Surgical delay and mortality for primary cutaneous melanoma. JAAD2021; 84(4):1089-1091.

 (doi: 10.1016/j.jaad.2020.07.078.)

Actualité scientifique avec le soutien institutionnel de Novartis

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