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Actualité scientifique

Le carcinome basocellulaire, presque toujours sans gravité

 

Janvier 2021 - Le carcinome basocellulaire (CBC) est le plus fréquent des cancers de la peau. Il touche le plus souvent des adultes de plus de 50 ans avec une peau claire. L’exposition au soleil est le facteur de risque principal de la survenue de cette tumeur, ou plutôt la somme des expositions reçues dans l’enfance et à l’âge adulte, pendant les loisirs ou l’exercice d’une profession à l’extérieur. Comme pour les autres cancers de la peau, l’incidence du CBC a beaucoup augmenté au cours des dernières décennies. Ce cancer atteint parfois des personnes de moins de 50 ans, notamment dans le cadre de certaines maladies génétiques.

 

 

Le CBC a plutôt bonne réputation et à juste titre en ce sens que dans la majorité des cas il évolue favorablement et n’entraîne que très exceptionnellement des métastases. Cependant on ne peut méconnaître le fait que certaines formes de CBC sont plus difficiles à traiter, récidivent et/ou se développent de façon extensive en détruisant la peau et les structures sous cutanées.

Les progrès récents en biologie moléculaire ont permis d’identifier certains gènes impliqués dans l’apparition des CBC (dont les gènes hedgegog mais ils ne sont pas les seuls). Cette découverte a eu beaucoup de répercussions au niveau thérapeutique.

De fait, au chapitre du traitement trois situations sont à distinguer.

Pour les CBC de petite taille superficiels (plaques rougeâtres, qui pèlent, bien limitées) ou nodulaires (« boules » de la couleur de la peau un peu translucides), le traitement peut se faire selon plusieurs modalités, après une biopsie éventuelle pour vérifier le diagnostic. Ce peut être l’application quotidienne d’une crème « anti-tumorale », imiquimod ou 5 Fluro-uracile, pendant quelques semaines, ou encore une à deux séances de photothérapie dynamique (PTD) consistant en l’irradiation par une lumière laser de la tumeur préalablement enduite d’une crème « photosensibilisante » à base d’acide delta aminolévulinique, voire une cryothérapie c’est-à-dire la destruction de la tumeur par le froid (azote liquide). Toutes ces approches « moins invasives » sont parfois préférées parce qu’elles « évitent » le bistouri et donc la cicatrice dans des localisations très visibles telles que le visage, zone de prédilection pour le CBC.

Quoi qu’il en soit le traitement standard reste la chirurgie surtout pour les CBC étendus, développés plus profondément ou sclérodermiformes (aspect de cicatrice déprimée avec une peau blanche ou rosée, lisse, scléreuse). Dans ces cas le médecin doit s’assurer par l’examen anatomopathologique que la tumeur est bien enlevée dans son entier avec une marge « saine » c’est-à-dire sans signe de cancer tout autour. Certains chirurgiens ont recours pour ce faire à une technique particulière appelée chirurgie de Moh’s.

La récidive est en effet l’un des principaux, voire le principal problème posé par les CBC et cela est souvent lié à une intervention chirurgicale incomplète qui entraîne la réapparition du cancer après quelques années.

Quand la chirurgie n’est pas possible ou difficile, chez les personnes très âgées notamment, la radiothérapie peut offrir une bonne alternative. 

Enfin dans les rares carcinomes basocellulaires dit « localement avancés » c’est-à-dire extensifs et destructeurs et en cas de métastases, il existe deux traitements spécifiques : ce sont les inhibiteurs de hedgehog : vismodegib et sonidegib. Ils sont efficaces mais ont beaucoup d’effets secondaires conduisant à l’arrêt du traitement dans 30 % des cas.

Les chimiothérapies classiques peuvent alors donner des résultats mais qui ne sont guère durables. L’immunothérapie pourrait aussi être envisagée à l’avenir pour les tumeurs « qui échappent » aux inhibiteurs hedgehog.

Finalement, le carcinome basocellulaire est une tumeur très fréquente, relativement facile à traiter le plus souvent. Mais dans moins d’un pour cent (0,8 %) des cas le devenir est plus préoccupant et la prise en charge plus complexe.

 

Dr Marie-Line Barbet

 

Basset-Seguin N et coll. : Update on the Management of Basal Cell Carcinoma. Acta Derm Venereol. 2020;100(11):adv00140. doi: 10.2340/00015555-3495.

 


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