Parler du mélanome

Témoignages

Caroline Robert

Je suis médecin dermatologue et chef du service de Dermatologie de l’institut Gustave Roussy où nous nous occupons des patients atteints de cancers de la peau et de mélanome plus particulièrement. Je considère que ma mission en tant que médecin et chercheur à cette position et dans ce centre anticancéreux est de mettre tout ce qui est possible en œuvre afin d’améliorer la prise en charge thérapeutique des patients atteints de mélanome métastatique car cette maladie est encore trop souvent de très mauvais pronostic. Au fil des années, j’ai rencontré de nombreux patients et leurs familles et des liens assez forts parfois se sont tissés entre nous. Quand malheureusement certains de ces patients sont décédés de leur maladie, il m’est arrivé de rester en contact avec des membres de la famille proche comme Gilles, le père de Baptiste ou Sophie la sœur de Bénédicte. Avec Roland, nous nous sommes rencontrés dans un avion des années après le départ de sa femme Lizzie. A chaque fois, nous avons réalisé que malgré l’absence du patient et la tristesse liée à cette absence, nous avions encore des choses à nous dire, l’envie de ne pas se perdre, de mobiliser une énergie latente, de faire partager à d’autres notre expérience. Béatrice et Virginie, elles, sont venues me voir spontanément après le décès de leur mari pour Béatrice et de leur mère pour Virginie, avec une forte volonté d’agir pour aider les autres patients et leurs familles.

A l’Institut Gustave Roussy, nous avons créé avec d’autres collègues médecins et chercheurs comme moi, une unité de recherche dédiée au traitement personnalisé du cancer où je m’occupe de l’équipe en charge du mélanome. Nous faisons également de nombreux essais cliniques afin de découvrir de nouveaux traitements plus efficaces. Les choses bougent et j’ai un très grand espoir que dans quelques années, nous aurons vraiment progressé. Je parle également au nom des autres médecins de mon service, des secrétaires médicales et des infirmières, qui sont tous impliqués dans ce combat. Je suis persuadée que nous avons besoin les uns des autres pour avancer plus vite, pour aider la recherche mais aussi pour améliorer la prise en charge psychologique et sociale des patients, et pour soutenir les familles.

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